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La viole de Gambe

François KOËLH en cours avec une de ses élèves, Françoise GUERCHAIS.

Depuis la rentrée de Septembre 2013, afin de désengorger la classe de violoncelle d’Anne-Marie VANHEULE, l’école de musique a fait appel à un second professeur de violoncelle : François KOËLH. Celui-ci est également professeur de viole de gambe et a entraîné à sa suite quelques uns de ses élèves gambistes, donnant l’occasion à l’école de musique d’ouvrir pour la première fois une classe de viole de gambe.

 

 

 

UNE GRANDE FAMILLE

La viole de gambe (de l’italien da gamba qui signifie jambe) appartient à une famille d’instruments à archet qui ont dominé la vie musicale européenne dès le XVe siècle. Comme la plupart des instruments de la renaissance, la viole de gambe existe en différentes tailles, avec un accord plus ou moins grave à l’image des voix chantées :

  • Frettes.

    Dessus de viole
  • Viole de gambe alto
  • Viole de gambe ténor
  • Basse de viole
  • Grande basse de viole
  • Contrebasse de viole
  • Au XVIIIe une viole plus petite (et plus aigue) fut ajoutée en France : 
le par-dessus de viole qui possède parfois seulement 5 cordes.

À l’inverse du violon dont la forme était standardisée dès le milieu du XVIe siècle, il existe une grande variété de formes de viole. La viole se distingue du violon par le nombre de cordes : 6 ou 7 et non 4, par la présence de frettes qui divisent le manche comme sur la guitare, par la tenue de l’instrument sur ou entre les genoux, et par la tenue de l’archet qui permet de modifier la tension des crins avec les doigts en jouant.

 

Contrairement aux idées reçues, la viole de gambe n’est pas l’ancêtre 
du violon. Les 2 familles n’ont pas de relations entre elles quant à leurs origines : la viole de gambe est apparue en Espagne, s’y est développée, puis a connu ses heures de gloire en Italie au XVe siècle tandis que le violon apparaissait dans le nord de l’Italie, probablement dans les mains de ménestrels venant de l’est de l’Europe. Violes et violons ont cohabité en harmonie pendant environ 250 ans mais la viole de gambe a progressivement disparu au cours du XVIIIe tandis que le violon acquérait un énorme prestige. Complètement absente au XIXe siècle, la viole de gambe a été remise au goût du jour avec la redécouverte de la musique baroque dans la deuxième moitié de XXe siècle. Elle est même utilisée en musique contemporaine.

À revoir : « Tous les matins du monde » le film d’Alain CORNEAU (1991) adapté du roman de Pascal QUIGNARD paru la même année qui décrit une partie de la vie du musicien De Sainte-Colombe et sa rencontre avec son élève qui allait devenir un prodigieux gambiste : Marin MARAIS.

Tenue de l'archet.

 

 

5 QUESTIONS À FRANÇOIS KOËLH

1/ Quand as-tu commencé la viole de gambe ?
      Après mes études de violoncelle (que j’ai débuté à 6 ans), j’ai démarré à 22 ans l’apprentissage du violoncelle baroque à PARIS ; mon professeur était également gambiste. En 3 semaines j’ai été conquis et je suis passé à la viole de gambe.
2/ Pourquoi as-tu choisi cet instrument ?
      J’étais attiré par les instruments qui jouent le rôle de la basse continue dans la musique de la renaissance ou baroque.
3/ Faut-il jouer du violoncelle pour démarrer la viole de gambe ?
      Non, la viole est un instrument à part entière ; d’ailleurs, historiquement les premiers violoncellistes ont dû être gambistes.
4/ Quels sont les points communs et différences dans la manière de jouer de ces instruments ?
      Les différences sont surtout liées à la facture des instruments. La divergence majeure est la tenue de l’archet, par le bois pour le violoncelle et par le crin pour la viole de gambe.
5/ Quelle musique conseillerais-tu d’écouter pour découvrir et apprécier cet instrument ?
      Marin MARAIS bien sûr, et des compositeurs moins connus comme Diego ORTIZ.

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